« Pour saluer le Rhône », de J.P. Bravard et J. Bethemont


 

Pour Saluer le Rhône Bethemont Bravard

 

Écrit par Jean-Paul Bravard et Jacques Bethemont, cet ouvrage (édité aux éditions Libel en 2016) présente les caractéristiques du fleuve Rhône et leurs évolutions à travers plusieurs grandes séquences temporelles traitant chacune des composantes naturelles, culturelles et humaines qui touchent au fleuve.

Comme le notent les auteurs, les composantes du Rhône présente « un faisceau de contrastes », que ce soit sur le cours du fleuve, son climat, l’agriculture et l’industrie pratiquées, les densités humaines… qui en font l’un des fleuves les plus complexes d’Europe.

Cet ouvrage, que nous avons lu avec grand intérêt, expose et illustre de façon extrêmement complète ces différentes thématiques. Nous avons souhaité donner un aperçu de cet ouvrage en présentant les différentes thématiques abordées et les lignes directrices prises par les auteurs. La lecture de ce livre vous permettra d’avoir une vision d’ensemble de ce qu’est le Rhône aujourd’hui et de comment il a été forgé par le passé.

 

puce.jpg  LA GÉOLOGIE

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La première séquence de l’ouvrage commence par une présentation du cadre géologique du Rhône et de la Saône depuis la naissance du couloir Rhône-Saône au début de l’ère tertiaire, à l’Eocène. Les auteurs expliquent comment la tectonique des plaques, suivie de millions d’années d’histoire du relief, ont induit des climats très contrastés. Ils nous expliquent également l’influence alpine présente sur les piémonts et celle du  « vieux socle hercynien qui impose des cassures, des fossés, des roches résistantes et sombres » et la diversité géologique provoquée par le contact avec à la fois des chaînes jeunes (Jura, Alpes) et anciennes (des Vosges aux Cévennes).

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puce.jpg  LE CLIMAT

Le climat dPluvio_rhoneu bassin du Rhône, étendu sur plus de 600 kilomètres, est ensuite détaillé. Ce chapitre y explique les influences océaniques (voire polaires) au nord et méditerranéennes au sud. Les auteurs nous détaillent notamment les importants effets des vents dans le couloir dessiné par le cadre montagneux qui crée « un espace d’échanges de masse d’air unique en Europe », ces vents expliquant en grande partie l’ensoleillement, la température et les précipitations observées. Les climats régionaux sont détaillés, comme le climat d’abris (sec avec de forts écarts thermiques intersaisonniers) observé dans la vallée tectonique du Haut-Rhône, ou le gradient de température nord-sud record (5°C) mesuré entre la Haute-Saône et la méditerranée. Globalement, les auteurs expliquent en quoi ce bassin est soumis à de nombreux excès du climat (brutalités thermiques, précipitations extrêmes et imprévues).

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puce.jpg  LA VÉGÉTATION

Au niveau des formations végétales, l’ouvrage explique dans quelle mesure on trouve une relative homogénéité entre la Haute-Saône et le Bas-Dauphiné, soit plusieurs centaines de kilomètres. On y comprend également pourquoi c’est principalement à partir de Valence vers le sud que les conditions de températures et de sécheresse influencent les formations végétales. Les auteurs nous donnent ensuite des explications sur le fait que la couverture pédologique et végétale du couloir Rhône-Saône n’est pas révélatrice du climat actuel mais se calque fortement sur des périodes d’occupation humaine, à travers plusieurs exemples (comme la remontée du hêtre vers le nord).

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puce.jpg  LES MÉTAMORPHOSES FLUVIALES

L’ouvrage explique ensuite que le paysage fluvial est « le produit du jeu de facteurs complexes » et n’est ni continu ni constant dans la durée, mais contrôlé par deux grands facteurs « naturels » : le d12119111_988955401125855_6118911794510980774_nébit liquide et la charge solide transportée. L’historique des changements profonds des paysages fluviaux est retracé ici et se base sur le concept de « métamorphose fluviale » indiquant que ces paysages ont une instabilité naturelle, un fonctionnement réversible (il n’y aurait donc pas de paysage « primitif » de référence, d’où la difficulté de restaurer nos rivières d’aujourd’hui à une dynamique fluviale du passé). Les auteurs détaillent les trois métamorphoses successives qui ont affecté les chenaux et le tracé de la Saône, dont on observe encore les vestiges aujourd’hui au-delà du chenal peu sinueux actuel. Ils retracent également la série de profondes métamorphoses du style fluvial et du profil longitudinal que le Rhône a traversé du fait de sa forte énergie.

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puce.jpg  LE PETIT AGE GLACIAIRE

L’ouvrage présente cette histoire récente d’une durée d’environ cinq siècle (du 14e au 19e siècle), avant les grands aménagements du bassin, qui a profondément bouleversé le paysage fluvial, a laissé des traces profondes dans les fonds de vallée du bassin et qui conditionne fortement leur gestion actuelle. Les auteurs expliquent en effet que c’est à cette période que l’on trouvait les rivières en tresses emblématiques du Rhône, qui étaient « la signature fluviale de la destruction accélérée de reliefs de montagnes et de collines » (supérieur à la capacité de transport des cours d’eau) mais qu’on ne trouvait pas sur l’ensemble du bassin. Ce chapitre explique aussi la réduction des apports de matériaux à la fin de ce petit âge glaciaire et la formation des lits étroits, profonds, à matériaux de fond grossiers et peu mobiles induits par ce changement.

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puce.jpg  LES INONDATIONS DANS L’HISTOIRE DU FLEUVE

« Pendant longtemps, les Hommes ont composé ou rusé avec le fleuve. Ils ont supporté ses écarts et enCrue2001-04_03 ont fait le vecteur principal des échanges matériels et culturels entre les deux versants nordique et méditerranéen de l’Europe occidentale ». L’ouvrage retrace dans ce chapitre le régime hydrologique du fleuve et les inondations au cours des derniers siècles, depuis la construction des villes romaines en période d’hydrologie modérée avec peu d’inondations dans le lit majeur et avec l’augmentation progressive de la gravité des crues et des inondations au cours des siècles. Les auteurs illustrent cette augmentation puis les variations observées au petit âge glaciaire, par de nombreux exemples, et détaillent la crue de 1856 (avec un débit de 12 000 m3/s mesuré à Beaucaire) qui a provoqué d’importants dégâts mais aussi de grandes répercussions sur la politique de gestion du risque.

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puce.jpg  LE RÉGIME HYDROLOGIQUE AVANT LES GRANDS AMÉNAGEMENTS

Les auteurs retracent dans cette partie les divers régimes hydrologiques du bassin du Rhône sans prendre en compte l’influence humaine récente et les débits de référence associés. Sont notamment expliqués le régime simple de basse eaux en saison froide et de hautes eau en saison chaude sur le Haut-Rhône Suisse (le module à Genève est de 240 m3/s). Vers l’aval, sont notés par exemples l’augmentation progressive des débits hivernaux et printaniers, le régime pluvial de la Saône avec ses crues hivernales très longues, les vitesses élevées du courant entre Lyon et la mer, puis au sud l’influence des affluents montagnards et du climat méditerranéen brutal (le module à Beaucaire est de 1669 m3/s).

 

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puce.jpg  LE FLEUVE ET LES HOMMES

Plusieurs chapitres exposent les différents types de liens que les Hommes ont eus avec le fleuve au cours des siècles, d’abord en tant qu’axe structurant du territoire qui n’a pas empêché l’apparition de nombreuses coutumes et solidarités unissant les deux rives du fleuve (langue commune, îles et atterrissements communs…). Les auteurs expliquent qu’avec son instabilité et ses abords difficiles, ses rives sont longtemps restées peu peuplées (avec notamment la contrainte des paysages en tresses, des brotteaux et des grands marais de pieds de versants). Mais ils notent, au travers de nombreux exemples, la diversité des exploitations de ces terres (cueillette, prédation, pêche, agriculture, commerce du sel, exploitation des prairies inondables de la Saône). Ils expliquent également le rôle important du transport par le fleuve, notamment pour le ravitaillement urbain, et ce malgré des crises liées aux crues et à des problèmes d’hygiène. « Au fil des siècles, les rapports entre les Hommes et le fleuve sont passés de la circonspection à une relative familiarité »  liée notamment à l’augmentation de leur maîtrise du fleuve.

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L’ouvrage détaille la manière dont les Hommes ont progressivement réussi à le traverser (grâce à des passages à gué, des bacs, des ponts en bois puis en pierre, et ce malgré les problèmes juridiques, climatiques et d’entretien), à irriguer (à l’aide de rigoles dans les prairies, de biefs de moulins, de béalières ou de canaux d’amenée), à utiliser des moulins à eau (très nombreux sur les affluents et qui avaient une place considérable dans les rapports sociaux et les échanges). Les auteurs retracent aussi la diversité des instruments de navigation qui ont été construits depuis l’époque gallo-romaine et les fortes contraintes associées à cette activité. Au fil des siècles, l’augmentation de la conquête des espaces a donc progressivement stabilisé le fleuve, malgré la persistance voire l’augmentation des crises et catastrophes liées au fleuve « encore trop instable ».

Sont enfin expliqués les multiples efforts d’adaptation qui ont eu lieu, notamment avec les débuts de la navigation à vapeur, sur la politique de gestion du fleuve, la standardisation du matériel et l’aménagement du lit (la réduction des bras secondaires pour concentrer les eaux dans un chenal unique) et les difficultés qui apparaissent. Le Plan Freycinet (1879-1921) et la correction fluviale par Girardon (pour réduire le prix du transport fluvial en atténuant la pente par des épis plongeants) sont détaillés. Les auteurs notent que ces améliorations de la navigation ont coûté très cher par rapport à leur usage réel et que, devenues inutiles, ces aménagements posent aujourd’hui des problèmes de gestion.

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puce.jpg  LA COMPAGNIE NATIONALE DU RHONE (CNR)

barrahe-de-genissiat_haut_330Ce chapitre reprend l’historique de la création de la CNR et de ses réalisations. Il explique que la CNR a été conçue en réaction à un temps de crise de l’agriculture, de l’industrie et de l’armature. La CNR correspond au départ à une formule nouvelle d’aménagement du territoire : une concession unique comprenant toutes les collectivités aménageant le Rhône à la fois du point de vue de l’utilisation de la puissance hydraulique, de la navigation et de l’irrigation. Les auteurs détaillent notamment sa mise en œuvre difficile, la présentation de son grand programme de construction en 1935 (contenant 20 usines hydroélectriques, 1 voix navigable à l’aval de Lyon et des stations de pompage à usage agricole), ses aménagements clés, la nationalisation de toutes ses composantes après la guerre. Ainsi, les auteurs concluent de cette période que la CNR a dû composer avec de multiples obstacles et qu’elle « n’a pas totalement joué le rôle qu’elle aurait pu avoir » mais que l’« on ne peut sous-estimer ses actions » (réorganisation des structurations foncières, organisation des zones industrielles et portuaires, stabilisation des lignes d’eaux, facilitation de l’établissement des stations de pompage). Depuis la privatisation de la CNR en 2001, elle est devenue le principal concurrent d’EDF. Elle prend aussi en charge l’entretien du chenal, des digues, la mesure des débits, la gestion des débits extrêmes, la modernisation des écluses ainsi que la gestion et la correction des impacts environnementaux (augmentation des débits de plusieurs vieux Rhône, réactivation de bras morts, écrêtement de digues, passes à poissons).

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puce.jpg  LA PRODUCTION ÉNERGÉTIQUE DE NOS JOURS

Médiocre au temps des charbonnages, l’ouvrage explique le bouleversement survenu avec l’utilisation de l‘énergie hydraulique et le nucléaire. « Les Alpes et le fleuve, notamment en Rhône-Alpes, sont devenus les principaux pourvoyeurs d’énergie de la France ». Il explique que de nombreux lacs ont remplacé les prairies et que « le Rhône est devenu une suite de canaux doublés par les tronçons du vieux Rhône et sur les rives s’élèvent des tours de refroidissement ».

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puce.jpg  L’AGRICULTURE

Concernant l’activité agricole, l’irrigation est présentée comme le « moteur de changements quvignesi s’étendent progressivement à tout le bassin ». Les auteurs expliquent la distinction qui existe entre d’une part l’axe Rhône-Saône qui concentre l’essentiel de l’activité agricole qui s’adapte difficilement aux changements et d’autre part les régions périphériques diversifiées qui subissent moins de tensions car elles s’adaptent (choix culturaux, innovation technique). Ils expliquent comment, malgré les contraintes importantes sur cette activité, l’irrigation se maintien globalement et les garanties indispensables qu’elle apporte. Les différents types d’agricultures et les techniques d’irrigation sont détaillés par secteurs, notamment le lien entre le fleuve et les vins sur les coteaux. L’irrigation et la vigne représentent « une sorte d’unité à l’ensemble du bassin », mais « morcelée et sans que s’imposent jamais de vastes espaces uniformes ».

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puce.jpg  L’INDUSTRIE

L’ouvrage ne note « pas de dominante nettement affirmée » mais des « spécialisations au niveau de quelques régions » (la chimie à Lyon, les héritages de l’hydroélectricité à Grenoble, la pétrochimie dans la mouvance marseillaise), sans structure d’ensemble. Comme se sont successivement relayés l’eau, le charbon, l’électricité et les services, certaines régions centrales ont progressivement été « oubliées, déclinantes ou restructurées ». Les auteurs détaillent et illustrent les différentes activités et leur évolution dans les trois centres principaux que sont l’arrière-port de Marseille (avec aluminium, activités portuaires, pétrole, chimie, aciers…), la Porte de Bourgogne (ateliers mécaniques ou textiles) et le carrefour lyonnais (moins de spécialisations mais un tissu industriel riche associé à la recherche). Les auteurs notent toutefois l’originalité du milieu alpin (avec un mélange d’activités innovantes), et également des centres isolés très divers (usines de produits chimiques, centres urbains, centres de production agroalimentaire, papeteries, ciments, horlogerie…). L’ouvrage insiste sur l’importance du rôle de l’eau, même si elle ne joue pas le même rôle d’une époque à l’autre (énergie mécanique, solvant pour la chimie, refroidissement…), mais qui reste le seul lien entre ces différents espaces industriels discontinus et éloignés les uns des autres.

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puce.jpg  LOISIRS ET USAGES DE L’EAU

skiCe chapitre montre tout d’abord la diversification des loisirs liées à l’eau dans le bassin (la baignade, le thermalisme, les lacs de montagne, la navigation touristique sur le Rhône, l’aménagement des berges pour les piétons et cyclistes). Il explique aussi la croissance importante des sports de neige dans les Alpes depuis les années 1940 (qui montre aujourd’hui une baisse de la fréquentation, quelques problèmes environnementaux et l’imminence proclamée du changement climatique). L’ouvrage pose ensuite la question de l’eau « utile » et présente les différentes lois qui ont abordé la question de l’eau en tant que « bien commun offert à tous » ou « propriété de ceux qui la vendent parce qu’ils la produisent et la gère », et notamment le rôle de LAgence de Bassin Rhône-Méditerranée-Corse. L’exemple du SAGE-Drôme présenté dans ce chapitre montre les problèmes relatifs à la gestion de la ressource entre amont et aval, usagers, protecteurs du milieu et, finalement entre utilisation de l’eau comme marchandise ou « dans une perspective de partage harmonieux et de préservation ».

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puce.jpg  TRANSPORT SOLIDE ET HYDROLOGIE ACTUELS

Cette partie explique que « le Rhône n’est plus le fleuve puissant qu’il était au début du XXe siècle », qu’il a été bouleversé en un siècle, perdant notamment sa charge de fond et son aptitude à transporter des galets. Les raisons de ce changement sont expliquées avec précision. En effet, au début du XXe siècle, le transport solide était un obstacle à la construction de barrages et une raison supplémentaire de réaliser des extractions de matériaux, dont la demande augmentait (estimées dans le chenal du Rhône à 900 000 m3/an entre 1970 et 2000). Les auteurs montrent aussi la chute des apports sédimentaires des affluents et ses impacts. Ils expliquent que « la continuité  sédimentaire prônée par la loi est sans doute un objectif utile, mais elle sera difficile à mettre en œuvre de manière généralisée faute de sources sédimentaires actives ». Au niveau hydrologique, l’ouvrage explique pourquoi les nombreux usages du Rhône n’affectent pas sensiblement son débit annuel ni ses crues, mais ont par contre fait profondément changer le régime saisonnier de nombreux affluents. Il existe aussi un « très grand nombre d’impacts hydrologiques localisés ».

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puce.jpg  LE NOUVEAU RHÔNE

Dans ce chapitre, les auteurs expliquent que le Rhône n’a pas seulement été aménagé, il a été « transformé par des effets d’impacts multiples » (modification de la sédimentation et des formes dans le chenal et sur les marges, réchauffement naturel, pollution thermique, pollutions physico-chimiques) et pourquoi cela correspond à « une nouvelle métamorphose fluviale, complexe puisqu’à la fois physique, chimique et biologique sous l’effet des actions humaines ». Les poissons et les invertébrés, par leur diversité et leur sensibilité aux changements de l’environnement, sont présentés comme des intégrateurs des changements. Depuis une vingtaine d’années, « des mesures sont prises pour réhabiliter le fleuve dégradé » avec des résultats significatifs. Mais les auteurs posent la question de l’efficacité de ces mesures très locales par rapport à la « dérive environnementale généralisée et sérieuse » qui pourrait affecter la « gestion multiforme du Rhône ». L’ouvrage présente également les différents scénarios des impacts futurs du changement climatique sur la gestion de la ressource en eau fluviale, l’écologie fluviale, la production d’énergie, les activités touristiques et agricoles.

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puce.jpg  LE FLEUVE DANS LE TERRITOIRE

Cette dernière grande partie explique tout d’abord comment les villes sont passées très progressivement d’un temps « où le cœur des villes battait sur les berges et les quais du Rhône » à un temps où les berges furent délaissées pour arriver aujourd’hui au « temps des retrouvailles », du moins là où cela est encore possible. L’ouvrage montre que la relation des riverains au fleuve a été très affectée par les travaux de la CNR, notamment à Lyon, et que les grands travaux (construction de l’autoroute A7, digues…) ont participé à la séparation des villes et du fleuve. Aujourd’hui, les fonctions du fleuve au niveau des zones urbaines vont des services à la navigation (ports et quais), à la protection (digues) et à l’urbanisme (fonctionnel et esthétique).

L’ouvrage explique également qu’au-delà des villes, le fleuve et ses multiples composantes (la source, les rivières, les torrents, les rivières torrentielles, les gorges, les chutes, mais également les puits, fontaines, lavoirs, réservoirs…) font partie et métamorphosent le paysage. « Nous avons montré au fil de cet ouvrage que les hommes ont toujours composé dans la mesure de leurs moyens avec le fleuve et l’ont maîtrisé » mais que « force est de constater qu’en dépit de modifications radicales du paysage, le trait fort du paysage offre sa continuité et sa diversité. (…) La vallée du Rhône aménagée n’est pas plus morte que le fleuve ».  L’ouvrage se conclut sur de « brefs aperçus mêlant paysages patrimoines et poètes car c’est à partir de telles valeurs que se forme l’inconscient des hommes et que se forge la conscience collective d’appartenance à un même ensemble ». Il en ressort à nouveau l’idée d’une grande diversité plutôt que d’une unité mais « l’intérêt voire la nécessité d’élire un point nodal où tous les Rhodaniens pourraient se reconnaître et se réunir pour s’unir ». Enfin, un dernier chapitre offre un regard vers l’avenir, avec les contraintes qu’imposeront le changement climatique et la mondialisation.

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